
Notre voyage à Buenos Aires fut de très bon augure. Le retour en Europe dont on avait besoin; un centre ville historique bien entretenu, de longues promenades dans les parques, des femmes coquettes et à la mode, des bars avec terrasses, de nombreuses librairies, de très jolies boutiques, un traffic fluide et ordonné. Pas de consignes de sécurité avant de prendre un taxi, nul besoin de négocier la charge ou de vérifier que personne ne soit caché dans le coffre. Sortir tard dans des bars branchés, dîner dans des restaurants à thème. Manger de la bonne viande, boire du bon vin. Admirer un couple dansant le tango, oh combien plus élégant qu'une salsa dandinée!
On entend souvent dire que Buenos Aires est une ville faussement sud américaine, que celui qui cherche l'ambience latino comme on la perçoit en Europe se méprend et en revient déçu. Je me pose souvent la question de savoir ce qu'est l'authenticité latino et j'en viens à penser que le sous développement est en fait ce qui attire les jeunes européens. Le sous développment est à mode en Europe ou du mois le sous dévelopement sud américian. J'en ai fait la preuve. Les jeunes français et espagnols qui ont voyagé 15 jours, un mois au Pérou ont été séduits par les combis, par la marchande de fruits exotiques aux coins de la rue, par l'artisanat vendu par ces jeunes femmes en habit traditionnel au fin fond d'un canyon perdu;"3 euros! c'est pas cher, à Paris ca couterait le triple!".
Cette même petite marchande de fruits exotiques du coin de la rue se sait chanceuse. D'abord c'est une femme et elle travaille. Ensuite ella a eu accès à un micro-crédit grâce à la bonne croissance économique de ces dernières années et elle peut enfin louer un étale à roulettes. Elle doit reverser un tiers de sa recette quotidienne à celui qui lui prête le chariot. Il y a quelques années, c'est son mari qui vendait les mêmes fruits sur une toile de gros coton, à même le sol. L'un comme l'autre sait qu'il doit profiter de ces "5 glorieuses" post terrorisme car l'instabilité politique peut tout changer. Si tout va bien, ils se disent qu'un jour ils auront peut être leur petite bodega, qui deviendra ensuite une épicerie puis un supermarché et enfin un hypermarché dans lequel ils vendront les mêmes fruits exotiques et les mêmes légumes savoureux. C'est leur rêve.
"Le Pérou sera un pays du premier monde et ville olympique en 2020" c'est ni plus ni moins l'ambition du gouvernement actuel et l'aspiration de tous les péruviens. Que Lima soit l'égale de Buenos Aires ou Santiago du Chili. Leur référence est Bogota et son incroyable avancée vers la modernité que la ville a coonue depuis l'arrivée d'Uribe. J'ai vécu pour l'instant une petite année à Lima et j'ai côtoyé le sous développement, l'authentique sous-développement. C'est charmant une semaine ou deux. J'espère revenir au Pérou dans 12 ans et y sentir le même bien être qu'à Buenos Aires aujourd'hui.