mercredi 9 juillet 2008

Authenticité péruvienne


Notre voyage à Buenos Aires fut de très bon augure. Le retour en Europe dont on avait besoin; un centre ville historique bien entretenu, de longues promenades dans les parques, des femmes coquettes et à la mode, des bars avec terrasses, de nombreuses librairies, de très jolies boutiques, un traffic fluide et ordonné. Pas de consignes de sécurité avant de prendre un taxi, nul besoin de négocier la charge ou de vérifier que personne ne soit caché dans le coffre. Sortir tard dans des bars branchés, dîner dans des restaurants à thème. Manger de la bonne viande, boire du bon vin. Admirer un couple dansant le tango, oh combien plus élégant qu'une salsa dandinée!
On entend souvent dire que Buenos Aires est une ville faussement sud américaine, que celui qui cherche l'ambience latino comme on la perçoit en Europe se méprend et en revient déçu. Je me pose souvent la question de savoir ce qu'est l'authenticité latino et j'en viens à penser que le sous développement est en fait ce qui attire les jeunes européens. Le sous développment est à mode en Europe ou du mois le sous dévelopement sud américian. J'en ai fait la preuve. Les jeunes français et espagnols qui ont voyagé 15 jours, un mois au Pérou ont été séduits par les combis, par la marchande de fruits exotiques aux coins de la rue, par l'artisanat vendu par ces jeunes femmes en habit traditionnel au fin fond d'un canyon perdu;"3 euros! c'est pas cher, à Paris ca couterait le triple!".
Cette même petite marchande de fruits exotiques du coin de la rue se sait chanceuse. D'abord c'est une femme et elle travaille. Ensuite ella a eu accès à un micro-crédit grâce à la bonne croissance économique de ces dernières années et elle peut enfin louer un étale à roulettes. Elle doit reverser un tiers de sa recette quotidienne à celui qui lui prête le chariot. Il y a quelques années, c'est son mari qui vendait les mêmes fruits sur une toile de gros coton, à même le sol. L'un comme l'autre sait qu'il doit profiter de ces "5 glorieuses" post terrorisme car l'instabilité politique peut tout changer. Si tout va bien, ils se disent qu'un jour ils auront peut être leur petite bodega, qui deviendra ensuite une épicerie puis un supermarché et enfin un hypermarché dans lequel ils vendront les mêmes fruits exotiques et les mêmes légumes savoureux. C'est leur rêve.
"Le Pérou sera un pays du premier monde et ville olympique en 2020" c'est ni plus ni moins l'ambition du gouvernement actuel et l'aspiration de tous les péruviens. Que Lima soit l'égale de Buenos Aires ou Santiago du Chili. Leur référence est Bogota et son incroyable avancée vers la modernité que la ville a coonue depuis l'arrivée d'Uribe. J'ai vécu pour l'instant une petite année à Lima et j'ai côtoyé le sous développement, l'authentique sous-développement. C'est charmant une semaine ou deux. J'espère revenir au Pérou dans 12 ans et y sentir le même bien être qu'à Buenos Aires aujourd'hui.

mardi 8 juillet 2008

A faire

J'aimerais avoir raconté mon dernier voyage au Pérou, a Trujillo, avec Sybille et Marie, j'aimerais avoir raconté combien j'ai été heureuse d'avoir eu tous ces gens que j'aime aupres de moi pendant toutes ces semaines. J'aimerais avoir parlé de mes projets a partir d'octobre, de comment se passent ces derniers mois a Lima, de combien j'aime cette ville et la deteste a la fois. J'aimerais aussi avoir écrit sur la libération d'Ingrid Bétancourt, sur la Colombie, pays que j'ai découvert en décembre dernier et que j'ai adoré. Autant dire que j'ai du pain sur la planche...

dimanche 18 mai 2008

Transport en commun

A Lima, la grise, la cahotique, l'horrible, il n'y a ni métro, ni tramway, non, les liméniens utilisent la combi. Ce tout petit mot cache en réalité un concept unique qui attire l'attention de l'étranger et que nul routard ne reverra dans d'autres pays, aussi "en voie de développement" soient-ils.
Tout d'abord la combi - aussi appelée microbus - est une fourgonnette importée du Japon ou de Corée de deuxième main. La combi est à la base en très mauvais état avant même de commencer son dur labeur liménien. Le confort est plus que sommaire et l'étranger qui mesure plus d'un metre cinquante aura beaucoup de mal a trouver une position confortable, bien souvent sur un fond de salsa trop fort et répétitif. Un microbus doit normalement pouvoir contenir une vingtaine de personnes assises, j'ai deja compté jusqu'a cinquante passagers en heure de pointe.
Les transports en commun sont privatisés depuis l'arrivée au pouvoir de Fujimori dans les années 90. Une entreprise de transport achète alors le véhicule, emploie un chauffeur, souvent chauffard, et son vocero ou cobrador. Alors que le permier est responsable de conduire l'engin tant bien que mal, le deuxième est posté à la porte et vocifère l'intinéraire qu'ils vont emprunter dans le but d'attirer un maximum de passagers. Au feu rouge, sur les grands axes, on retrouve alors des files de voceros, descendus du véhicule pour atteindre une certaine proximité avec le piéton arreté. Le métier du vocero-cobrador est certainement le plus ingrat, il est aussi chargé de réclamer aux passagers le sol (0,25€) que coûte le trajet, de prévenir le chauffeur lorsque l'usager est arrivé a destination. Il récite alors inlassablememt, le regard vide et las, la litanie du cobrador : "esquina baja - baja, baja- sigue bajando- vamonos" ( angle, il descend, descend, continue à desecendre, alons- y).
La combi voit dans la voisine qui emprunte la meme route qu'elle un véritable concurrent qui pourrait lui "voler" un passager. Et comme un passager est un sol de plus, la dangeureuse et insupportable course de combis commence alors. Les uagers feront les frais de tres desagréables exces de vitesse, d'accelerations et de brusques freinages en plein centre ville.
La décoration de la combi est à la charge du duo infernal. Comme dans la plupart des taxis de la ville, le tableau de bord est recouvert d'un tapis en peau de muppet show d'une couleur douteuse, l'extérieur de l'appareil est truffé d'auto-colants en tout genre, bien souvent le trop célèbre Che défie du regard un Christ illuminé debout sur un nuage de dégradés de bleus et de roses. Au rétriviseur pendent la bienveilleuse chaussure d'enfant, un chapelet et d'autres merdes indéterminées. Enfin, il existe au Pérou le marché "des boules de leviers de vitesse transparentes et décoratives", chose que je n'avais jamais vu auparavant. L'extrémité du levier de vitesse est en fait excamotable et peut etre remplacée par une espece de sphere transparente dans laquelle on peut distinguer, encore une fois, une icone religieuse ou quelqu'autre chat ou chiot assez kischs dans l'ensemble.
La combi amuse le touriste qui passe un week end a Lima, il voit en elle la représentation de l'Amérique Latine et l'occasion parfaite de se meler aux locaux. Elle est en fait profondemment dangeureuse et responsable du traffique cahotique, de la dégradation et de la surpollution de la ville. Les chauffeurs sont agressifs, conduisent mal et trop vite. Ils ne respectent ni le pietons, ni les automibilistes et sont responsables de trop nombreux accidents. Que faire alors? Alors que le gouvernement parle sans cesse de retirer ce moyen de locomotion criminel et que l'économie du pays ne permet pas encore de restaurer un service public, que proposer aux 10 millions de liméniiens qui utilisent les combis chaque matin pour aller travailler.

dimanche 27 avril 2008

Vent d'Europe

Quand l'heure de partir loin arrive, le doute surgit. Dire au revoir aux êtres chers sans savoir quand viendra le jour des retrouvailles. Le choix a t-il été la bon, seul le temps nous le dira. On arrive alors à destination, il faut tout recommencer, faire preuve d'adaptation, chercher un boulot et surtout sociabiliser pour essayer de se refaire un cercle d'amis. Si l'on est pas seul à repartir de zéro, les choses s'annoncent plus faciles. Tout d'abord ce fut Angers, Glasgow puis Salamanque et Madrid, l'Europe était encore au rendez vous, maintenant je suis à Lima, un océan me sépare de l'Europe.
J'ai tout de même de la chance: d'abord j'ai de très bons amis qui gagnent beaucoup d'argent à Paris et puis le Machu Picchu et le lac Titicaca n'ont jamais autant eu la cote en France. Inès et Julia ouvrirent la marche, mes parents et mes soeurs sont ensuite arrivés, Sibylle et Constance sont en ce moment même en route pour Arequipa et ça sera bientôt le tour de Syboule et Marie. Chaque visite arrive le sac à dos de routard rempli de Elle - dont la mode me fera baver quelques jours plus tard - et autres magazines d'actualités, de bon saussisson, de quelque colis maternel et bien souvent d'une bouteille de champagne. Avant le premier avril, j'avais plus de temps pour accompagner mes êtres chers dans le centre de Lima ou dans tel ou tel autre quartier. Je dois désormais me contenter des soirées et week-ends. De longs apéritifs franco-français en sifflant le champagne, une bouteille de vin rouge et un peu de fromage s'offrent à nous. Je me mets alors à l'heure parisienne et prends des nouvelles de tous ceux qui sont loin et qui me manquent. Je m'amuse ensuite avec les mariages présidentiels et autres potins politiques du moment dont tout le monde parle. Je raconte enfin mon problème existentiel de ne trouver ni chaussure à mon pied ni pantalon à ma jambe dans ce pays de "microformats " dont la mode est la même que celle des années 80 à Moulin.
Le "week end et un jour" traditionnel passé à Lima se termine alors. Si je peux, j'accompagne mes êtres chers à la découverte de mon Pérou, sinon je reste à Lima la grise, le coeur serré et je me mets alors à rêver de notre Europe où tout à commencé. Je rêve d'une balade sur les quais de Seine, d'un jogging dans le Retiro, d'un petit rosé au port de l'île, d'une après-midi de shopping au Topshop de Sauchiehall Street et d'une bonne glace à la terrasse d'un café, plaza mayor à Salamanque.

mardi 1 avril 2008

Retour à la vie active


Ca y est, je travaille, j'en viens aux explications. L'entreprise s'apelle Invertir et est en fait un organisme à but non lucratif dont l'objectif est de promouvoir l'entreprenariat des petites et moyennes entreprises péruviennes dans un programme de réduction de la pauvreté.
Je travaillerai en duo avec une minette de 29 ans sur la coordination d'un projet de six mois appelé LiderAcción. Deux cents étudiants des provinces péruviennes viendront à Lima pour trois cessions de formation complètement gratuites. Au programme: économie, enteprenariat, éducation civique, leadership afin de développer l'esprit d'entreprise des jeunes des régions pauvres et participer au développement de celles-ci. La promotion du programme se fera donc à travers les universités, spots radio, journaux nationaux. Beaucoup d'organisation, beaucoup d'interlocuteurs et surtout beaucoup trop de préruviens qui disent oui á tout et qui n'agissent pas en conséquence.
La premiére semaine fut un peu difficile, apparemment l'accueil de nouveaux employés au Pérou n'est pas le même qu'en France; des gens pas très curieux ni bavards. Les deuxieme et troisième semaines se passent beaucoup mieux, la machine semble en route.... Il va falloir maintenant prendre le rythme du travailleur liménien.

samedi 29 mars 2008

Réveil difficile


Samedi 29 mars 2008, de brusques secousses nous propulsent hors du lit à 7h50 du matin: nous vivons notre premier séisme péruvien.

Nous avons la stressante et désagréable sensation que le sol se dérobe sous nos pieds. L'épicentre est cette fois à une cinquantaine de kilomètres de Lima. Dix secondes, pas une de plus; suffisemment de temps pour prendre conscience d'un éventuel danger mais pas assez pour penser aux mesures de sécurité necessaires à prendre. Dans le couloir, des petites vieilles afollées sortent de tous les étages, en robe de chambre et charantaises, le 15 août est encore frais dans les mémoires. Elles se précipitent alors sous la pancarte "zona segura en caso de sismo" en nous jettant un regard malin "j'y ai pensé avant", comme si cet endroit leur était réservé et qu'il n'y avait plus de place pour les retardataires. Par chance, il n'y eut ni pertes humaines, ni grands dégâts matériels; quelques éboulements de falaises et suspension temporaire des lignes téléphoniques.
Cela devient le sujet de conversation du week end. Est-ce que les gens l'ont senti ou est-ce qu'ils dormaient. On s'aperçoit alors que la surprise et la peur que les secousses ne reprennent et ne s'amplifient furent le sentiment de chacun d'entre nous: exilés d'un continent dont le sol ronronne paisiblement. Les péruviens qui se trouvent là, prennent alors part à la discussion et répondent d'un air désabusé - ou amusé par notre inexpérience - que cela est plus que courant au Pérou, que la zone est extrêmement sismique.

Nous avons en face de chez nous un supermarché ouvert 24h/24h. Un de ces supermarchés aseptisés aux assortiments ultra complets, où le camembert Président coûte 10 euros et qui nous rend bien service. Depuis le 15 août dernier, en partenariat avec une ONG péruvienne, les vingtaines de Vivanda du pays, ont organisé une collecte au profit des victimes des tremblements de terre. Chacun est libre de donner quelques centimes; la monaie des prix pas ronds, qui pèse lourd et qui encombre nos portefeuilles mais qui est benie par plus de 60% de la population péruvienne, celle qui vit loin des "zones sûres en cas de séismes".

mercredi 26 mars 2008

Les chaussettes de l’archi-duchesse sont-elles sèches?

Au cours de ces cinq derniers mois, je me suis inventée la vocation de prof. Tout en essayant de garder espoir dans mes recherches de boulots, je donne des cours de français à des petits péruviens. Quand ils étudient, je suis ravie et quand ils sont à l'heure et viennent en cours, encore plus. Grâce à cette expérience, je me découvre une certaine pédagogie, une patience d'ange et une profonde motivation pour réussir à répéter vingt fois la même chose en une heure. Laissez moi vous présenter mes élèves. Jusqu'à ce jour, j'en ai quatre et demi:

Joel, le fumiste
Joel vient deux heures tous les jours, il est la base de mon occupation quotidienne. Il a commencé il y a trois mois, il est certainement l'élève qui a le plus de mal à distinguer le "on" du "in". La première fois qu'il m'a payée il m'a demandé aussitôt si j'avais déjà reçu de faux billets de banque.
Hugo, la mémoire d'éléphant.
Hugo est étudiant en médecine et parle quechua. Hugo a une capacité incroyable à reproduire toutes les nasalisatons. Il vient les mardis et vendredis de 9h à 11h. Il prend des cours depuis un mois et rattrape le niveau de Joel. Hugo est le chouchou de la maîtresse.

Silvia, la coquette.
Silvia est la prototype de la jeune fille péruvienne. Elle a toujours plein de babioles qui pendent aux bras, aux pieds et aux oreilles. Elle vient tous les dimanches pendant deux heures. Elle est adorable, bonne élève.

Paula, la timide.
La belle Paula est toute timide. Elle prend des cours à l'alliance française et veut renforcer ses aquis. Elle vient le samedi. Sa voix est toute douce et délicate.

Karella, le fantôme.
Nous étions censées commencer il y a deux mois. Je l'attends toujours...


Gran Vilaya

Voulant éviter la cohue touristique machupichienne de la semaine sainte, nous sommes partis au nord du pays à la découverte de la région Amazonas. Un programme chargé: survol des Andes, trekking de quatre jours, ruines Chachapoyas, Cajamarca et la chute d'Atahualpa.
Le nord du pays étant moins bien désservi que le sud, le voyage se fit en deux temps, en bus jusqu’à Chiclayo puis en avionnette jusqu’à Chachapoyas; berceau de la culture précolombienne portant le même nom. Je passerai les détails de la nuit en bus. Malgré toute la bonne volonté de Cruz del Sur pour rendre le voyage agréable avec ses animations bingo, comédies américaines et dîner chaud, les plusieurs centaines de kilomètres de route sans revêtement qui séparent le nord du sud ne furent pas des plus reposants.

Au petit matin, nous arrivons dans cette ville côtière, sans grand charme : une chaleur humide, une plaza de armas en restauration, une surabondance de ticos, des rues sales, nous y resterons le temps d’un petit déjeuner continental dans l’unique restaurant de la place. Puis direction l’aéroport : un grand hangar, trois guichets, une patrouille de policiers nonchalants jouant aux cartes dans un coin. Un peu fatigués mais excités par la perspective de prendre notre petit avion en direction du point de chute final, nous attendons que le personnel d'Aoerodiana s’affaire puis nous commençons à enregistrer nos bagages. Billets manuscrits, pas d’heure de départ officielle, le temps est clément: l’avionnette peut décoller. Après une heure et demie dans la peau de Guillaumet et de vol mémorable, la petite ville de Chachapoyas nous accueille à bras grands ouverts. Nous arrivons à l'hôtel Revash ou don Carlos - propriétaire extrêmement reconnu et respecté dans toute la région pour son activité politique: il fut directeur du tourisme de celle-ci - nous explique comment va se dérouler le trekking, essaie de nous vendre au rabais un jour de plus dans ses montages et nous montre quelques photos de Gran Villaya; nous redoublons d'impatience.

Réveil à 5 heures du matin, un mini bus nous attend, c'est parti pour l'aventure. Après avoir pris le petit-déjeuner à Luya, nous passons par Lamud pour aller checher Anne-Catherine, Nicolas et Samuel, trois belges décidés à connaître les quatre contients en un an et qui seront nos compagnons de trekking. Nous croisons dans ces petits villages montagnards paysans, des petits groupes d'enfants à la peau du visage toute rouge; gersée par le froid ou brûlée par le soleil. Ils traînent ici et là, jouant dans les rues de terre battue, observateurs, sauvages et craintifs. Ils sont intrigués par le gringo de passage à la peau claire et aux grosses chaussures de marche. De temps en temps, le plus dévergondé de tous s'avance pour nous poser une question ou deux."Cómo te llamas, dónde vives?".
Les quatre jours qui suivent seront une véritable découverte de merveilles. Des contrastes de paysages, de reliefs et de couleurs absolument incroyables: une forêt humide et aérée à 3000 mètres d'altitude garnie de fougères arborescantes, d'orchidées multicolores et autres types de faune et flore jamais rencontrés auparavant. Un dégradé de couleurs verdoyantes qui nous change de la sécheresse liménienne. Après avoir admiré le site funéraire Chachapoyas de Karajia(en quechua "guerriers des nuages" - peuple occupant la région et conquis par les Incas à la fin du XVème siècle) , nous passerons la première nuit dans un refuge digne des Bronzés dans la très verdoyante vallée de Belén. Au fond de celle-ci, prend source le ruisseau Huaylla dont la forme mystique est celle d'un long serpent de dix-neuf kilomètres. Nous arpenteront les Andes amazoniennes les deuxième et troisième jours soit à pieds, soit à dos de mule. Nous nous arrêtons à Pirquilla, site recueillant quelques 300 ruines d'habitations chachapoyas dont la spécificité est leur forme circulaire. Enfin, la forteresse de Kuélap, soit le Machu Picchu du nord, sera notre destination finale. Cette impressionante citadelle en ruines est le site archéologique le mieux préservé et le plus accessible de toute la région. Les vues sont à couper le souffle. On peut distinguer à l'interieur de celle ci des restes de contructions Chachapoyas mais aussi quelques unes Incas différentes car rectangulaires. Ces derniers réussirent finalement à conquerir le peuple du nord grâce à une fine stratégie; ils assiégèrent l'imposante murialle de manière à ce que, assoifés et en manque de vivres, les opposants déposent les armes et finissent par se rendre.

Le moment des aux revoirs est arrivé, il va falloir se séparer de la région Amazonas. Le mini bus nous ramène à Chachapoyas. Nous passons la nuit dans celle-ci avant de prendre l'avionette de retour qui nous déposera cette fois à Cajamarca, d'où nous prendrons le bus de nuit. Il pleut, l'avion ne peut pas décoller à huit heures comme cela était initialement prévu. Cette fois nous ne serons pas les uniques passagers. Klaus et Bianca, deux sextagénaires allemands quadrilingues rencontrés lors de la visite de Kuélap et dont le look nous rappelle celui de Agnetha Fältskog et Benny Andersonn dans Dancing Queen, seront de la partie. Nous arrivons avec trois heures et demie de retard pour notre visite de Cajamarca. Cette très jolie ville nichée dans une vallée dégage un climat de tranquillité et de prospérité paysanne. La vieille cité coloniale extrêmement bien conservée, où plane encore le tumulte assourdi de la chute de l'empire inca, conserve intacts ses merveilles architecturales: plaza de Armas, cuarto del rescate, complexe de Belén...loin de la folie touristique. Ayant perdu du temps, il nous en reste que trop peu pour s'imprégner complètement de l'histoire de Cajamarca, excellent prétexte pour revenir dans la région.

Rattraper le temps perdu

L’idée de faire un blog me vint en fait dès le mois de juillet de l’année passée, lorsque je pris la décision de vivre une année au Pérou avec Javier. Voilà cinq mois que je suis à Lima et le sujet n’a pas avancé…

Nous avons déjà fait de jolis virons au Pérou, en Colombie - j’y reviendrai au fur et à mesure - et plus nous bougeons, plus nous sentons l’appel magique du voyage, cette sensation que tout est à voir sur ce continent.

L’élément déclencheur fut certainement notre dernier voyage dans le nord du pays, qui sera probablement mon deuxième message. Un des plus beaux endroits que je n’ai jamais visité jusqu’à ce jour. Mais aussi cette fascinante découverte progressive des civilisations précolombiennes. L’envie de vous faire découvrir le Pérou fut subite. J’ai donc décidé de reprendre mon blog ou tout simplement le commencer. Entre deux anecdotes péruviennes, j'essaierai parfois de pousser un peu la réflexion.